L’armée de la RDC va reprendre le territoire cédé par la force de l’EAC

Les chefs de la défense de l’Afrique de l’Est ont décidé de céder le territoire occupé par la Force régionale de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EACRF) aux forces armées de la République démocratique du Congo.

“Il est souhaitable que le pays hôte (RDC) prenne le contrôle des zones libérées par l’EACRF”, lit-on dans le rapport de la réunion régionale des chefs de défense tenue ce mercredi matin à Arusha, en Tanzanie.
L’EACRF a commencé à déployer des troupes dans l’est de la RDC en novembre 2022 sous les instructions des dirigeants de l’EAC.

Lors du sommet de l’EAC de l’année dernière à Nairobi, les dirigeants régionaux ont ordonné aux rebelles du M23 de quitter le territoire congolais occupé sous peine de subir une action militaire.

Territoires

Les rebelles du M23 ont cédé certains territoires qu’ils ont ensuite récupérés des mains des forces armées congolaises, accusant Kinshasa de mener des attaques contre les bases des insurgés.

Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a ensuite exhorté l’EACRF à prendre des mesures contre les rebelles, en vain.
Tshisekedi a ensuite publiquement critiqué la force régionale pour son inactivité et son refus de contrer les rebelles du M23 qui constituent un défi important à son maintien au pouvoir.

L’EACRF a déclaré qu’elle n’avait pas pour mandat d’affronter militairement les rebelles du M23.

La force a déclaré que ses principaux objectifs étaient de protéger les civils et de faciliter le désarmement et le cantonnement des groupes armés opérant dans l’est du Congo.

Réalisant que l’EACRF ne l’aiderait pas à vaincre les rebelles du M23, Tshisekedi a mobilisé la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) qui a accepté de déployer des forces militaires, des avions de guerre et de l’artillerie à longue portée.

Les forces de la SADC devraient bientôt commencer à arriver en RDC.

Tshisekedi a également ordonné à l’EACRF de quitter la RDC d’ici le 8 décembre 2023. Le Kenya a depuis retiré la plupart de ses troupes de RDC.

La décision des chefs de la défense « d’encourager les FARDC à occuper les positions libérées par l’EACRF) sur le territoire de l’EACRF au profit des forces de la RDC pourrait déclencher de nouveaux affrontements entre les rebelles du M23 et l’armée congolaise.

Par exemple, les rebelles du M23 cohabitent avec l’UPDF-EACRF dans de nombreuses régions, notamment à Bunagana et Rutshuru.

« Nous nous demandons maintenant : comment l’UPDF va-t-elle remettre Bunagana, où le M23 est toujours opérationnel, aux forces congolaises ? s’est demandé une source qui préférait l’anonymat pour s’exprimer librement.

Selon le rapport confidentiel consulté exclusivement par ChimpReports, les chefs de la défense ont recommandé que « les FARDC, le M23 et les autres groupes armés soient exhortés à observer un cessez-le-feu pour permettre une sortie ordonnée de l’EACRF de la mission ».

Les observateurs estiment que cela est irréaliste dans la mesure où la plupart des ordres des dirigeants régionaux, notamment celui concernant le cantonnement des insurgés dans les zones classées, ont été défiés par les rebelles du M23.

De violents affrontements entre les rebelles du M23, qui seraient soutenus par le Rwanda, et les forces gouvernementales congolaises ont provoqué le déplacement de plus de 450 000 personnes au cours des derniers mois dans les territoires de Rutshuru et Masisi, dans la province du Nord-Kivu.

Les personnes arrivant dans la ville de Sake, située près de la capitale provinciale Goma, ont raconté avoir dû faire des choix déchirants, les hommes risquant la mort pour nourrir des enfants affamés et les femmes risquant le viol pour ramasser du bois de chauffage.

Les États-Unis ont récemment exhorté le Rwanda et la RDC à désamorcer les tensions sécuritaires entre les deux pays en retirant leurs troupes de la frontière commune.

Tshisekedi a récemment ordonné le déploiement de 40 000 soldats nouvellement formés pour affronter les rebelles du M23. Le Rwanda maintient des soldats lourdement armés et du matériel d’artillerie le long de la frontière commune.

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